

C’est ce que l’on pourrait appeler une tendance lourde. En ce début d’année, il y a d’abord eu les “Epstein Files”, plusieurs millions de documents publiés par le département de la Justice américaine sur l’affaire Epstein, qui ont déclenché des recherches quasi frénétiques dans le monde entier, des journalistes aux enquêteurs amateurs en passant par les simples curieux. Puis, début avril, dans un tout autre registre –historique cette fois–, l’hebdomadaire allemand Die Zeit, en partenariat avec les archives allemandes et américaines, lançait un moteur de recherche dopé à l’intelligence artificielle pour parcourir douze millions de documents recensant les adhésions au parti nazi enregistrées entre 1925 et 1945. Quatre‑vingt‑un ans plus tard, est‑ce l’heure des “Nazi Files”? Les résultats ne se sont pas fait attendre, avec près de 2,6 millions de visites dès les premières heures d’existence du site. Avec un simple abonnement au journal et un nom de famille, tout le monde pouvait ainsi partir à la chasse au nazi dans sa propre histoire familiale, ou dans celle des autres. Dans la foulée, les témoignages ont afflué de toutes parts, entre lettres adressées aux journalistes responsables du projet et confidences familiales publiées sur les réseaux sociaux.
















