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Longtemps, Ghislaine Maxwell a porté un anneau orné d’un diamant offert par Jeffrey Epstein, dont elle parlait comme de sa “bague de fiançailles”. La Franco-Britannique a été tout à la fois pour cet homme: sa fiancée, sa confidente, sa complice, celle qui l’a fait passer du statut de financier de second plan à celui d’homme du monde, capable de dialoguer d’égal à égal avec des princes et des chefs d’État. Entre eux, le coup de foudre a d’abord été amical. La première rencontre a lieu à New York, fin 1991, par l’intermédiaire d’une amie commune. Ghislaine vient alors de rompre ses fiançailles avec le comte Gianfranco Cicogna Mozzoni, héritier d’une grande famille vénitienne ; Jeffrey, de mettre un terme à dix ans de relation avec Eva Andersson, dont il était épris, mais pas au point de se ranger définitivement. Il l’invite à prendre le thé dans ses bureaux, aménagés dans les majestueuses Villard Houses, sur Madison Avenue. Quand il la fait entrer, elle remarque qu’il a une grosse tache de ketchup sur sa cravate. Elle trouve ce détail incongru, mais amusant. Epstein a beau, en ce début des années 1990, être une figure bien installée à Wall Street, il est ce que l’on appelle un self-made-man, qui a été élevé à Coney Island, dans l’arrondissement de Brooklyn, pas dans les riches quartiers de Manhattan. Il cultive par ailleurs une forme de mystère autour de l’origine de sa fortune, à l’époque évaluée à une quinzaine de millions de dollars, sur laquelle ce récit reviendra plus loin. Pour l’heure, Maxwell sait essentiellement qu’à partir de 1974, bien qu’il n’ait pas terminé ses études universitaires, Epstein a enseigné les maths dans une école privée, puis a été employé de la banque Bear Stearns, où il s’est fait un nom, avant de se mettre à son compte en 1981 en tant que gestionnaire de fortune pour des clients ultrariches triés sur le volet. En 1991, il vient d’acquérir sa première maison à Palm Beach. Ghislaine, fille cadette du magnat britannique de la presse Robert Maxwell, éduquée dans des établissements scolaires qui comptent parmi les meilleurs d’Angleterre, présente, elle, un pedigree autrement prestigieux. Elle fréquente le prince Andrew, rencontré à Oxford ; connaît bien la famille Clinton ; côtoie le déjà richissime Donald Trump. Des accointances dont elle va bientôt lui faire profiter.
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