

Un groupe de huit personnes, Ă genoux. Elles ont posĂ© une bĂąche sur les pavĂ©s du centre-ville et commencĂ© Ă rempoter les fleurs des bacs du musĂ©e tout proche. On pourrait croire que lâon assiste Ă un atelier pĂ©riscolaire âDĂ©couverte des plantes dâornementâ si les participants nâavaient pas lâĂąge dâĂȘtre grands-parents. Une fin de matinĂ©e habituelle sur cette place du cĆur de Contes, commune de 8 000 habitants situĂ©e Ă une quinzaine de kilomĂštres au nord de Nice, Ă cheval entre un piton rocheux et la vallĂ©e du Paillon quâil surplombe. Presque tous les jours, les habitants sây retrouvent pour faire quelque chose en groupe. En langage politique, on appelle ça du vivre-ensemble, de la solidaritĂ©, du bĂ©nĂ©volat, du collectif. Autant de termes pour dĂ©signer un rĂ©flexe qui exalte les utopies perdues de la gauche des annĂ©es 1980. Des notions devenues obsolĂštes, naĂŻves, quasiment ringardes face au repli sur soi et la mĂ©fiance gĂ©nĂ©rale qui sert dĂ©sormais de dynamique sociale Ă la France. Dans un dĂ©partement âles Alpes-Maritimesâ oĂč le RN joue les faiseurs de rois et engloutit ce quâil reste de droite rĂ©publicaine dans ses thĂ©matiques Ă©lectorales, Contes reste fidĂšle Ă son passĂ© et son prĂ©sent de rĂ©sistance. Aux derniĂšres municipales, le maire Ă©tiquetĂ© PC a Ă©tĂ© réélu dĂšs le premier tour avec 73,99% des voix. CâĂ©tait la sixiĂšme fois consĂ©cutive que Francis Tujague, Ă la tĂȘte dâune liste regroupant toutes les sensibilitĂ©s de gauche, se prĂ©sentait. Et la sixiĂšme fois consĂ©cutive quâil gagnait. Il faut tout de mĂȘme reconnaĂźtre une certaine Ă©rosion du score de lâĂ©quipe sortante: en 2020, elle avait fait 81,58%. Des niveaux staliniens qui prouvent que le bourg sâoppose toujours Ă lâenvahissement des thĂšmes anxiogĂšnes de lâextrĂȘme droite. âOn a bien conscience dâĂȘtre un point rouge au milieu dâun ocĂ©an de noir, rĂ©sume Philippe Lebeau, retraitĂ© contois et auteur de théùtre. Ăa grignote de partout.â















