Le syndrome du Bibby Stockholm | Society
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Le syndrome du Bibby Stockholm

En 2023, le gouvernement britannique plaçait des centaines de demandeurs d’asile dans une étrange structure flottante: le Bibby Stockholm. Les conditions à bord de ce navire‑caserne, amarré au port de l’île de Portland, dans le sud‑ouest de l’Angleterre, ont été décrites comme “honteuses”. Mais à terre, une communauté s’est formée. Pendant un an, le journaliste Thomas Ralph et le photographe Theo McInnes ont documenté la cohabitation entre les immigrés et la population locale, un travail qui a donné lieu à une exposition: “Bibby Boys”.
  • Par Thomas Andrei, à Londres / Photos: Theo McInnes et Thomas Ralph
  • 9 min.
  • Reportage
Un homme portant une tenue traditionnelle rouge avec des motifs à carreaux se tient devant un amas de blocs de pierre blanche. Il porte des accessoires traditionnels et tient un objet dans sa main droite.
 © Theo McInnes et Thomas Ralph

Une lumière argentée illumine la Manche. Au milieu du cadre, un homme flotte, les yeux clos. Ne dépassent de la surface de l’eau que sa tête, son torse, ses mains et ses orteils. Cette photo, capturée par le photographe Theo McInnes, ouvre une exposition intitulée “Bibby Boys”, dont le vernissage s’est tenu le 19 mars dernier à Photofusion, une galerie du sud de Londres, et centrée sur les immigrés logés d’août 2023 à novembre 2024 par le gouvernement conservateur à bord du Bibby Stockholm, une barge sans moteur amarrée dans le port de la petite île de Portland. Sur les photos, le colossal tas de ferraille, peint de rouge et de gris mornes, n’apparaît pourtant jamais. “C’était horrible à photographier, explique McInnes, à qui l’on vient de réclamer un discours. Déjà, la barge était protégée par un périmètre de sécurité. Le seul moyen de l’apercevoir, c’était depuis un café, en haut d’une colline. On a pris des photos, mais elles sont comme toutes celles que vous pouvez trouver en ligne. On voulait faire autre chose. Ce que le projet documente, c’est la communauté qui s’est formée entre les habitants de la barge et ceux de l’île.”

Une personne flotte paisiblement sur une mer calme et étincelante sous un ciel clair.
 
Un groupe de cinq personnes est assis près d'un mur en béton, probablement sur une plage ou une jetée. Ils semblent se détendre et discuter ensemble. L'éclairage suggère un moment en fin de journée.
 

Society #278

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