

Une lumiĂšre argentĂ©e illumine la Manche. Au milieu du cadre, un homme flotte, les yeux clos. Ne dĂ©passent de la surface de lâeau que sa tĂȘte, son torse, ses mains et ses orteils. Cette photo, capturĂ©e par le photographe Theo McInnes, ouvre une exposition intitulĂ©e âBibby Boysâ, dont le vernissage sâest tenu le 19 mars dernier Ă Photofusion, une galerie du sud de Londres, et centrĂ©e sur les immigrĂ©s logĂ©s dâaoĂ»t 2023 à novembre 2024 par le gouvernement conservateur Ă bord du Bibby Stockholm, une barge sans moteur amarrĂ©e dans le port de la petite Ăźle de Portland. Sur les photos, le colossal tas de ferraille, peint de rouge et de gris mornes, nâapparaĂźt pourtant jamais. âCâĂ©tait horrible Ă photographier, explique McInnes, Ă qui lâon vient de rĂ©clamer un discours. DĂ©jĂ , la barge Ă©tait protĂ©gĂ©e par un pĂ©rimĂštre de sĂ©curitĂ©. Le seul moyen de lâapercevoir, câĂ©tait depuis un cafĂ©, en haut dâune colline. On a pris des photos, mais elles sont comme toutes celles que vous pouvez trouver en ligne. On voulait faire autre chose. Ce que le projet documente, câest la communautĂ© qui sâest formĂ©e entre les habitants de la barge et ceux de lâĂźle.â

















