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Les disques hispanophones de la vie de Camille Diao

La journaliste prépare pour cet été sur France Inter une série radio sur la montée en puissance des musiques latino et hispanophones. L’occasion de revenir sur les albums en espagnol qui l’ont marquée.
Illustration pour Les disques hispanophones de la vie de Camille Diao
 
  • Nicolas Fresco
  • 6 min.
  • Top 5
Une illustration avec une personne debout, les mains sur les hanches, portant un chapeau et une chemise rayée. À droite, il y a le texte "MANU CHAO CLANDESTINO esperando la última ola..."
 

8 ans

Clandestino, Manu Chao (1998)

“Quand j’étais enfant, le dimanche, en famille, on mettait la musique à fond et on chantait et dansait dessus. Cet album de Manu Chao, on l’a beaucoup, beaucoup écouté. Surtout en voiture. Cela me ramène à des souvenirs de longs trajets pour les vacances, dans notre Renault 17 sans clim, où l’on ne peut pas ouvrir les vitres parce qu’on est sur l’autoroute. Petite, je ne parlais pas l’espagnol, pourtant je connaissais le disque par cœur, en phonétique. Plus tard, au collège, Manu Chao a été très associé à mon apprentissage de cette langue, car c’est un espagnol assez accessible. Donc j’ai fini par le chanter en comprenant ce que je disais. Je trouve que la façon dont j’ai découvert ce disque, d’abord musicalement et phonétiquement, puis en comprenant ensuite ce qu’il racontait, est assez à l’image de la manière dont j’appréhende toujours la musique aujourd’hui: d’abord par les sonorités, les mélodies, les instruments. Les mots et les paroles, ça vient dans un second temps.”

Un dessin stylisé d'un visage avec des traits marqués, entouré par des motifs tourbillonnants en bas. Le mot "LHASA" est écrit verticalement sur le côté gauche de l'image.
 

15 ans

La Llorona, Lhasa (1998)

“D’habitude, c’est surtout mon père qui rapportait des CD à la maison, mais celui-là c’est ma mère qui l’avait emprunté à la médiathèque du CE de la Banque de France, où elle travaillait. Lhasa était une chanteuse mexicano-américaine qui avait une voix très particulière. Ce disque est absolument extraordinaire. Ce sont des chansons de folk, mais en espagnol et inspirées de plein de standards de musique latino. C’est d’une très grande poésie. J’ai un rapport particulier à cet album parce que j’ai l’impression qu’il me poursuit. Récemment, j’ai enregistré mon émission avec Mélissa Laveaux, qui a fait une résidence d’écriture dans le château de Monthelon, en Bourgogne, où Lhasa a séjourné il y a très longtemps. Sur place, elle a eu l’impression que son fantôme l’accompagnait. L’an dernier, dans les Pyrénées, j’ai aussi croisé une randonneuse qui chantonnait l’un de ses morceaux et ça me l’a mis dans la tête, alors que je ne l’avais pas écouté depuis des années. À chaque fois, ça me met dans un état de spleen très lié au timbre de sa voix.”

Society #278

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