

En 1962, Andy Warhol prĂ©sente un film de quatre minutes et 28 secondes intitulĂ© Le DĂźner de la star. Plan fixe, couleurs. Lâartiste sâinstalle face camĂ©ra avec un sachet Burger King et une bouteille de ketchup Heinz. Il porte une cravate, il est presque translucide. Il ouvre le sachet, pose les deux coudes sur la table, et mĂąche son hamburger trĂšs lentement, mĂ©thodiquement. Il se tamponne les lĂšvres avec sa serviette en papier. Câest interminable. Il ouvre une premiĂšre fois la bouche, ne dit rien. La deuxiĂšme fois: âMon nom est Andy Warhol et je viens de finir de manger un hamburger.â Du pop art, et une Ćuvre qui anticipe sa propre prophĂ©tie Ă©noncĂ©e en 1968, selon laquelle âĂ lâavenir, chacun aura droit Ă quinze minutes de cĂ©lĂ©britĂ© mondialeâ. Warhol introduit alors lâĂšre dâune tĂ©lĂ© oĂč lâon regarderait des anonymes manger, dormir, pleurer, baiser, se faire les ongles.















