

Ce 25 juin 2025, il est un peu plus de 2h quand Benoît Puech démarre son 4×4 Nissan Patrol. La nuit est chaude sur la plaine castraise, touchée de plein fouet par la canicule précoce qui fait suffoquer tout le pays. L’entrepreneur, conseiller en gestion d’entreprise de 57 ans, passe récupérer Frédéric Cènes, patron du fabricant de machines Sermaz, ancien capitaine de l’équipe de rugby de Mazamet, dans le Tarn, et élu à ses côtés au conseil municipal de la ville. À 2h26, ils redémarrent en direction de Labruguière, au sud de Castres, où, dans l’atelier de son agence d’ameublement sur mesure, les attend Paul‑Henri Houlès, qui monte dans la voiture à son tour. À bord du véhicule, dont la plaque d’immatriculation a été falsifiée au scotch, se trouvent des panneaux sur lesquels est écrit “Oui à l’A69, non aux voyous (sic)”, ou encore “Hébergeurs ou soutiens de voyous” suivi d’une liste de noms d’opposants à l’autoroute A69. Ce projet fait l’objet, depuis plusieurs années, d’une forte contestation citoyenne, et mobilise notamment les militants écologistes de tout le pays. La veille, Benoît Puech a dicté à ses deux acolytes ses consignes depuis le téléphone de sa femme: “Prévoyez vêtements et chaussures neutres, frontale, cagoule et foulard pour cacher le visage + gants.” Il les a aussi enjoints de laisser leurs téléphones éteints.

















