

Il est 17h30 ce 26 février dernier quand, au dernier étage du palais de justice de Paris, une jeune femme ôte son trench-coat beige et le remet à un individu terré dans un recoin au fond du couloir. Puis deux autres silhouettes s’avancent maladroitement, le visage dissimulé sous leur manteau, un petit interstice laissant seulement entrevoir leurs lunettes. L’une d’elles manque de se casser la figure tandis que l’autre exprime son énervement aux caméras qui les guettent. Leur petit numéro d’évitement terminé, Thomas M. et Damien G. prennent place sur le banc des accusés de la salle 6-04, aux côtés de Ghislain M. Les trois hommes sont ici pour un renvoi de comparution immédiate. Au terme du bal mené par de petits revendeurs de crack, un détenteur d’images pédopornographiques, un arracheur de gourmette et un cambrioleur, vient enfin leur tour. Le premier appelé à se présenter est Thomas M., carrure rondouillarde et crâne dégarni, à qui on donnerait plus que ses 30 ans. Il comparaît pour “vol d’un objet mobilier”. Son compagnon, Damien G., de neuf ans son aîné, bras tatoué, barbe fournie et oreille percée, est, lui, poursuivi pour “recel de bien provenant d’un vol”, tout comme Ghislain M. Rien que du très banal. À ceci près que c’est au préjudice de la présidence de la République française que leur forfait a été commis.
















