Miel d’anthropologue | Society
Portrait

Miel d’anthropologue

Depuis toujours, l’abeille ne cesse d'interpeller intellectuels, artistes, chercheurs et autres poĂštes. Dernier venu: Robin Mugnier, anthropologue reconverti en apiculteur, qui cherche Ă  dĂ©crire minutieusement les tiraillements de cette profession agricole prise entre passion et prĂ©caritĂ©. On est allĂ©s Ă  sa rencontre.
  • Par BarnabĂ© Binctin, Ă  Crest / Photos: Benjamin Bechet
  • 14 min.
  • Portrait
Un apiculteur assis dans l'herbe, portant une combinaison de protection et un chapeau avec un voile, se trouve devant des ruches en bois dans un environnement naturel.
 

L’apiculture, au fond, commence toujours par ce qu’il convient d’appeler un enfumage. À peine sorti de sa camionnette, avant mĂȘme d’enfiler sa combinaison, Robin Mugnier a pour premier geste d’allumer la braise dans le petit enfumoir qu’il agitera bientĂŽt autour de ses ruches, juste avant de les ouvrir. Une technique de diversion qui vise Ă  simuler un incendie pour se prĂ©munir d’une attaque d’abeilles au moment de manipuler les cadres en bois abritant la colonie, avec leurs alvĂ©oles emplies de nectar dorĂ©. “Quand les abeilles sentent le feu, leur rĂ©action de survie consiste Ă  se gorger de miel pour prĂ©parer leur dĂ©part, ce qui les rend beaucoup moins agressives Ă  notre Ă©gard, Ă©claire l’apiculteur sous le filet qui, accrochĂ© Ă  un chapeau de paille, lui fait office de visiĂšre de protection. C’est vraiment une pratique historique de l’apiculture, on fait la mĂȘme chose lorsqu’il s’agit de rĂ©colter du miel sauvage. Bon, c’est forcĂ©ment une action qui vient les perturber un peu, mais ça n’a pas non plus l’air de trop les dĂ©ranger.”

Society #279

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