

Le calme est revenu Ă Sare. Enfin, en apparence. Au pied du sommet pyrĂ©nĂ©en de La Rhune, entre les collines verdoyantes et les maisons Ă colombages rouges et verts, la commune basque de 2 700 ùmes panse encore les plaies dâun tumulte dont elle se serait bien passĂ©e. Sur la place du village, la terrasse du CafĂ© de la mairie a retrouvĂ© ses habituĂ©s. Quelques retraitĂ©s sirotent un cafĂ© sous les arcades. Le petit troquet est redevenu ce quâil a toujours Ă©tĂ©: un passage obligĂ© pour les visiteurs, un repaire pour les Saratars. Ă lâintĂ©rieur, tout est bois et pierre, immuable ; derriĂšre le comptoir, les trophĂ©es du Sarako-Izarra Rugby, le club de rugby local, sâalignent fiĂšrement sur les Ă©tagĂšres. Câest pourtant ici, dans ce bar en sommeil comme un volcan, que tout a explosĂ© le 1er janvier dernier, alors que minuit venait Ă peine de sonner et que les verres sâentrechoquaient dans le brouhaha des vĆux. Ce soir-lĂ , soudainement, des Ă©clats de voix retentissent, des Ă©paules se frĂŽlent, la tension grimpe en flĂšche. Puis tout bascule. Quatre jeunes, ĂągĂ©s de 25 à 30 ans, dont trois joueurs du Sarako-Izarra Rugby, passent Ă tabac un autre habitant du village, un trentenaire, pĂšre de famille, qui a toujours habitĂ© ici. âJe vais mettre ton fils sous videâ, lĂąche ce dernier Ă un cinquiĂšme individu qui regarde la scĂšne. âSale pĂ©dĂ©â, rĂ©torque lâun des autres. Les coups pleuvent, les chaises raclent, les cris couvrent la musique. La bagarre se dĂ©place sur la terrasse, sous les arcades du vieux bĂątiment, face au terrain de pelote basque. Quelques bleus et une mĂąchoire luxĂ©e plus tard, chacun rentre chez soi. La fĂȘte est finie.

















