Sare Wars | Society
C'est arrivé prÚs de chez vous

Sare Wars

Depuis le 1er janvier dernier et une bagarre dans le bar de ce village de 2 700 habitants, la vie de Sare, dans le Pays basque, est devenue un western.
  • Par Alan Le Cunff, Ă  Sare / Illustration: Marie de Lapparent
  • 9 min.
  • Faits divers
Une scĂšne dramatique oĂč plusieurs personnes entourent une personne Ă  terre dans un environnement sombre, Ă©clairĂ© par une lumiĂšre rouge intense.
 Illustration: Marie de Lapparant pour Society

Le calme est revenu Ă  Sare. Enfin, en apparence. Au pied du sommet pyrĂ©nĂ©en de La Rhune, entre les collines verdoyantes et les maisons Ă  colombages rouges et verts, la commune basque de 2 700 ùmes panse encore les plaies d’un tumulte dont elle se serait bien passĂ©e. Sur la place du village, la terrasse du CafĂ© de la mairie a retrouvĂ© ses habituĂ©s. Quelques retraitĂ©s sirotent un cafĂ© sous les arcades. Le petit troquet est redevenu ce qu’il a toujours Ă©tĂ©: un passage obligĂ© pour les visiteurs, un repaire pour les Saratars. À l’intĂ©rieur, tout est bois et pierre, immuable ; derriĂšre le comptoir, les trophĂ©es du Sarako-Izarra Rugby, le club de rugby local, s’alignent fiĂšrement sur les Ă©tagĂšres. C’est pourtant ici, dans ce bar en sommeil comme un volcan, que tout a explosĂ© le 1er janvier dernier, alors que minuit venait Ă  peine de sonner et que les verres s’entrechoquaient dans le brouhaha des vƓux. Ce soir-lĂ , soudainement, des Ă©clats de voix retentissent, des Ă©paules se frĂŽlent, la tension grimpe en flĂšche. Puis tout bascule. Quatre jeunes, ĂągĂ©s de 25 à 30 ans, dont trois joueurs du Sarako-Izarra Rugby, passent Ă  tabac un autre habitant du village, un trentenaire, pĂšre de famille, qui a toujours habitĂ© ici. “Je vais mettre ton fils sous vide”, lĂąche ce dernier Ă  un cinquiĂšme individu qui regarde la scĂšne. “Sale pĂ©dĂ©â€, rĂ©torque l’un des autres. Les coups pleuvent, les chaises raclent, les cris couvrent la musique. La bagarre se dĂ©place sur la terrasse, sous les arcades du vieux bĂątiment, face au terrain de pelote basque. Quelques bleus et une mĂąchoire luxĂ©e plus tard, chacun rentre chez soi. La fĂȘte est finie.

Society #275

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