

âVous ĂȘtes sĂ»re de vouloir la voir? Ăa ne vous fait pas peur?â Peter LaPorte, lunettes fumĂ©es, criniĂšre blanc nacrĂ© et Apple Watch au poignet, avance dâun pas Ă©nergique sur la pelouse fraĂźchement tondue Ă lâarriĂšre de la St Maryâs County Historical Society. Il contourne un canon pointĂ© vers la baie du Potomac ââIl provient de lâArk, un des deux premiers navires ayant accostĂ© au Maryland, en 1634ââ et sâarrĂȘte sous un magnolia. Le retraitĂ©, qui prĂ©side la sociĂ©tĂ© historique du comtĂ©, montre du doigt une pierre dâenviron 1,50 mĂštre de long, conservĂ©e sous une plaque en verre. âEncore aujourdâhui, beaucoup de gens nâosent pas lâapprocher, vous savezâ, dit-il. Plus de 300 ans que cette grosse pierre hante Leonardtown, un paisible bourg de 5 000 habitants nichĂ© tout au sud de la pĂ©ninsule du Maryland. Câest lĂ quâen fĂ©vrier 1698, Moll Dyer, une femme accusĂ©e de sorcellerie et chassĂ©e par une meute dâhabitants en colĂšre, aurait jetĂ© un sort Ă la ville. Selon la lĂ©gende, un jeune berger lâaurait retrouvĂ©e morte de froid, une main collĂ©e Ă la pierre, lâautre levĂ©e vers le ciel, figĂ©e Ă jamais en train de maudire la population. De quoi terrifier toute une ville -et son Ătat- depuis des siĂšcles. Tornades, accidents de la route inexpliquĂ©s, Ă©pidĂ©mies, mauvaises rĂ©coltes: Ă Leonardtown et dans les alentours, bien des drames ont Ă©tĂ© mis sur le compte de la malĂ©diction de Moll Dyer, jusquâĂ rĂ©cemment encore.















