

Ă lâhorizon, des nuages menacent. Une lumiĂšre jaunĂątre inonde la ville de Victoria. Osama Hassan gare sa Toyota Sienna grise devant la mosquĂ©e et invite Ă le suivre Ă lâintĂ©rieur. Depuis 20 ans, il est lâimam de cette mosquĂ©e implantĂ©e au beau milieu des terres pĂ©troliĂšres du sud-est du Texas rĂ©publicain. Grand, timide, la quarantaine, originaire dâĂgypte, il porte des lunettes rectangulaires et une barbe rousse soigneusement taillĂ©e. Dans la grande salle qui sert dâĂ©cole coranique, il apporte des cookies et de grands verres dâeau. Lâorage explose enfin ; de grosses gouttes commencent Ă faire tinter le toit mĂ©tallique. Pour lâimam, difficile de ne pas remarquer les similaritĂ©s entre lâannĂ©e 2025 et ce quâil sâest passĂ© ici huit ans plus tĂŽt. LâannĂ©e 2017 fut, pour la communautĂ© musulmane de Victoria, installĂ©e dans la ville depuis 1985, lâannĂ©e de la pluie et du feu. La pluie accompagnant lâouragan Harvey, qui, au mois dâaoĂ»t, avait ravagĂ© cette partie du Texas. Le feu de lâincendie intentionnel qui, le 28 janvier, avait dĂ©truit la mosquĂ©e de Victoria.















