
Un jour, Calixte Bernard, 9 ans, et ses camarades de CM1 sont invitĂ©s Ă dessiner une histoire. Elle se lance dans une histoire dâamour, dont le personnage principal est un grand blond, Michael, quâelle habille dâun bonnet, dâun bermuda en jean et dâun t-shirt orange ornĂ© dâune Ă©norme virgule Nike. Il faut dire que Calixte aime les vĂȘtements, surtout ceux que lâon voit dans les clips de hip-hop. âDisons que jâĂ©tais plus Matt Pokora que Jeniferâ, rĂ©sume-t-elle aujourdâhui. Une Ă©poque pas si rĂ©volue, puisque le RânâB, les sneakers de marque et les maillots de foot ont toujours une place particuliĂšre dans les illustrations de celle qui est depuis devenue illustratrice. En revanche, le personnage principal, lui, a changĂ©: dans Bamby, sa premiĂšre BD, publiĂ©e en septembre dernier, Calixte Bernard met en scĂšne une femme noire. Elle sâest donnĂ© pour mission de raconter une histoire largement inspirĂ©e de la vie de sa mĂšre, dâorigine camerounaise, venue Ă©tudier le droit Ă CrĂ©teil, en Ăle-de-France, dans les annĂ©es 1990. Une histoire dâamour et dâexil, qui donne Ă voir une certaine jeunesse, celle des Ă©tudiants Ă©trangers et de leurs galĂšres, mais aussi celle des artistes parisiens, des clubs de jazz et des annĂ©es sida, et tous les contrastes que le mĂ©lange de ces rĂ©alitĂ©s peut gĂ©nĂ©rer. Bamby est sortie alors que Calixte Bernard venait de fĂȘter ses 30 ans, ce qui nâest, dâaprĂšs elle, pas anodin. Ă cet Ăąge-lĂ , âcâest comme si plein de trucs te revenaient en pleine figure. Cette histoire, qui Ă©tait en moi depuis toujours, a grandi, grandi, elle a pris toute la place, et puis elle est sortieâ.






















