
Câest 21h47, ce jour de mi-dĂ©cembre dernier. Thomas*, 24 ans, vient de terminer la traduction de lâun des chapitres dâun manga dâaction encore inĂ©dit en France. Depuis son appartement de Rennes, lâĂ©tudiant en japonais a passĂ© les quatre derniĂšres heures Ă jongler entre le texte original, un dictionnaire en ligne et les messages Discord de sa âteam â, une dizaine de bĂ©nĂ©voles dissĂ©minĂ©s entre Lyon, MontrĂ©al et Bruxelles. âLe chapitre sera en ligne demain Ă 14h, envoie-t-il sur le chat. Qui peut faire le check ?â Thomas refuse de rĂ©vĂ©ler le titre du manga sur lequel il travaille. âSi je balance le nom, ça va attirer lâattention. Les éditeurs japonais traquent les leakers (diffuseurs de chapitres piratĂ©s, ndlr) qui fournissent nos raws (scans de mangas originaux, ndlr). Et notre team laisse des traces: notre logo, nos choix de traduction caractĂ©ristiques. On a dĂ©jĂ vu des serveurs Discord entiers se faire dĂ©foncer aprĂšs quâun membre a trop parlĂ©, explique-t-il. Et puis, si un Ă©diteur comme GlĂ©nat ou Ki-oon annonce la licence demain, on doit pouvoir retirer nos chapitres discrĂštement.â






















