
Dans le cadre des affaires criminelles qui deviennent mĂ©diatiques, il est de coutume que lâappellation âofficielleâ du dossier dĂ©coule directement du nom que lui ont donnĂ© les enquĂȘteurs au moment oĂč ils sâĂ©vertuaient Ă dĂ©mĂȘler les fils et rassembler les piĂšces du puzzle. Bien souvent, câest la sobriĂ©tĂ© qui prime: âlâaffaireâ, suivi du patronyme de la victime ou du suspect. Mais parfois, il arrive que les forces de lâordre fassent preuve dâimagination et sâautorisent une fantaisie. Ainsi, malgrĂ© son entĂȘte du ministĂšre de lâIntĂ©rieur et de la police nationale (tout ce quâil y a de plus sĂ©rieux et protocolaire, donc), le rapport de synthĂšse des procĂ©dures 2025/26 et 2025/246 SIPJ 62, remis au substitut du procureur de la RĂ©publique de BĂ©thune, porte le nom âOpĂ©ration Game of Dronesâ. Le document relate les faits ayant dĂ©bouchĂ© sur la comparution devant la justice, le 8 janvier dernier, de sept prĂ©venus mis en cause dans une vaste affaire dâassociation de malfaiteurs sâadonnant Ă du trafic (rĂ©sine de cannabis, tĂ©lĂ©phones cellulaires, flashs dâalcool, cartouches de protoxyde dâazote, etc.) Ă destination de dĂ©tenus incarcĂ©rĂ©s dans diverses prisons des Hauts-de-France. LĂ oĂč lâaffaire sort de lâordinaire, et puise son nom, câest dans le mode opĂ©ratoire utilisĂ©: des drones pilotĂ©s Ă distance, capables de livrer la marchandise directement Ă la fenĂȘtre de la cellule du client. En bonus, la tĂȘte de rĂ©seau et principal mis en cause, Yannis D., dit âLe Deumâ, gĂ©rait les opĂ©rations depuis le centre pĂ©nitentiaire de Lille-Loos-Sequedin, Ă lâouest de Lille, oĂč il purge une peine dâemprisonnement relative Ă une affaire de sĂ©questration.
















