

Ă la poupe du Lagoda, rĂ©plique Ă lâĂ©chelle 1:2 dâun baleinier amĂ©ricain, huit coups de cloche retentissent. La 30e Ă©dition du Moby-Dick Marathon commence. Tous les spectateurs peuvent sâinscrire pour lire Ă la tribune un passage dâenviron cinq minutes du fameux chef-dâĆuvre dâHerman Melville. âAppelez-moi IsmaĂ«lâ, lance le premier dâentre eux. La foule est en dĂ©lire. Dans la grande salle dâexposition, les places sont rares. Les visiteurs sont assis partout oĂč il est possible dâinstaller un postĂ©rieur sans abĂźmer la riche collection de ce musĂ©e fondĂ© en 1903 pour raconter lâhĂ©ritage de la chasse Ă la baleine. Les plus malins ont apportĂ© des chaises pliantes. Les autres sâentassent, qui dans le navire, qui entre deux vitrines. Tout le monde a le nez collĂ© Ă son exemplaire. Lâambiance est dĂ©sormais solennelle.
Ă la buvette, Julie, venue spĂ©cialement de Californie pour lâĂ©vĂ©nement, reprend dĂ©jĂ des forces. Plus tard dans la journĂ©e, comme pour prouver que lâhistoire de lâAmĂ©rique contemporaine sâest Ă©crite dans des bateaux, elle a prĂ©vu dâaller Ă Barnstable, Ă une heure de route, pour effectuer des recherches sur un ancĂȘtre, le rĂ©vĂ©rend John Lothropp, arrivĂ© aux Ătats-Unis en 1639 avec les premiers pĂšlerins.
















