

Sur le trottoir devant la gendarmerie de Poligny, un groupe dâune dizaine de retraitĂ©s emmitouflĂ©s dans leurs manteaux se tient en cercle. Ce mercredi matin dâoctobre, il est Ă peine 9h et la brume est encore Ă©paisse sur la petite ville du Jura quand une jeune femme aux cheveux bruns, blouson en cuir et rouge Ă lĂšvres rouge sort du poste de gendarmerie et tend Ă lâun des retraitĂ©s le document quâelle vient de recevoir. Son nom: Nino Tchokhonelidzen. Depuis plus dâun mois, cette GĂ©orgienne de 30 ans et son mari, Giorgi, parents dâune petite fille de 7 ans, Lilienne, sont assignĂ©s Ă rĂ©sidence et doivent pointer trois fois par semaine Ă la brigade. Ă chaque fois, une poignĂ©e dâhabitants fait le dĂ©placement et attend devant le portail, les mains dans les poches, pour sâassurer que tout se passe bien. Parmi eux, Eveline, 77 ans, soutien de la premiĂšre heure. Ironie du sort, elle a emmĂ©nagĂ© il y a trois jours Ă peine dans un appartement situĂ© juste en face de la gendarmerie. Dans son salon, oĂč elle a conviĂ© la troupe pour un cafĂ©, elle rappelle avec une certaine euphorie comment toute cette mobilisation a dĂ©marrĂ©. âJe me revois encore recevoir sur mon tĂ©lĂ©phone ce message, en lettres capitales: âSOUTIEN Ă NINO, LILIENNE ET GIORGI! AMENEZ VOS CHAISESâ.â














