

Un divorce est rarement une Ă©tape agrĂ©able de lâexistence, mais pour Zhenxi Wang, le changement de statut conjugal a provoquĂ© un dĂ©clic professionnel salutaire. Cette femme de 40 ans vit Ă Luoyang, dans la province du Henan, au centre de la Chine. Elle qui aime quâon lâappelle âProfesseure Wangâ a les pommettes hautes et un sourire quasi permanent. En 2016, pourtant, elle accuse le coup: elle a dĂ©couvert que son mari la trompe. DĂ©vastĂ©e et en colĂšre, elle se plonge dans des lectures de psychologie et de dĂ©veloppement personnel, et en ressort avec une vocation: devenir âspĂ©cialiste de la rĂ©paration Ă©motionnelleâ, ou âspĂ©cialiste de la dissuasion des relations amoureuses toxiquesâ. DerriĂšre ces termes abscons se cache une profession Ă lâobjectif limpide: aider les femmes trompĂ©es Ă se dĂ©barrasser de la maĂźtresse de leur mari. Pas une liquidation physique, du moins pas vraiment. PlutĂŽt un Ă©loignement, comme une mise hors dâĂ©tat de sĂ©duire. Tout, en tout cas, pour Ă©viter le divorce. Car il existe âun stigma trĂšs lourd sur les femmes divorcĂ©es en Chine, qui tient Ă lâimpossibilitĂ© de pouvoir espĂ©rer se remarier, cadre Isabelle AttanĂ©, dĂ©mographe et sinologue Ă lâInstitut national dâĂ©tudes dĂ©mographiques. Longtemps, elles nâintĂ©ressaient pas les hommes, au prĂ©texte quâelles avaient âdĂ©jĂ serviâ. Pendant tout le XXe siĂšcle, on estimait que si le couple avait explosĂ©, câĂ©tait de leur faute.â














