

La police a dĂ©barquĂ© dans la SupĂ©rette de Gap et a demandĂ© de baisser le rideau. Sans explication ni dĂ©lai. Il fallait juste fermer. Tout de suite. Alors Ahmadi, lâun des deux associĂ©s de lâĂ©picerie de nuit, sâest exĂ©cutĂ©. Avant de partir, les policiers lui ont dit quâils passeraient demain avec le papier justifiant lĂ©galement la fermeture. Presque deux mois plus tard, rien nâest arrivĂ©. Ahmadi ne sait toujours pas pourquoi son commerce doit dĂ©sormais fermer ses portes Ă 21h. Le âpapierâ est lâarrĂȘtĂ© municipal votĂ© par la commune de Gap le 26 septembre dernier pour rĂ©duire les horaires dâouverture de la dizaine dâĂ©piceries de nuit que compte la prĂ©fecture des Hautes-Alpes. Une dĂ©cision qui nâa pas fait lâobjet de longues discussions au conseil municipal. Il y avait une forme de consensus, se rappelle Ălie Cordier, chef de file de lâopposition de gauche. « La justice avait constatĂ© des ventes illĂ©gales de puffs et de tabac. » Il fallait, selon les Ă©lus locaux, taper du poing sur la table: trop de nuisances visuelles avec ces enseignes qui clignotent toute la nuit, trop de bruit avec ces rassemblements nocturnes de gens qui consomment de lâalcool Ă des heures tardives, trop de stationnements anarchiques de voitures. La mairie a mĂȘme insinuĂ© quâelle prenait, dâune certaine maniĂšre, une mesure protectrice, puisque ces Ă©piceries risquaient les tentatives dâextorsion en restant ouvertes. Une sanction abrupte qui vient parachever plusieurs mois de tourments pour ces commerces, dont lâexistence mĂȘme semble aujourdâhui remise en cause. En dĂ©cembre 2024, le maire UDI de Gap, Roger Didier (qui nâa pas rĂ©pondu aux sollicitations de Society), avait dĂ©clenchĂ© les hostilitĂ©s dans les pages locales du DauphinĂ© libĂ©rĂ© en affirmant: « Je ne vois pas lâintĂ©rĂȘt des Ă©piceries de nuit. »














