

La sensation, câest inexplicable. Avant, tu es hyper excitĂ©, comme si tu allais descendre un grand huit ; quand tu sautes, il y a une montĂ©e au niveau du cĆur ; et une fois que tu es dans les airs, câest assez dingue, ton esprit part ailleurs. Je ne suis jamais aussi dĂ©tendu, en fait. Ăa te crĂ©e un univers oĂč il nây a plus que ça qui compte. Tu lĂąches tout quand tu te jettes, ton stress, ta haine⊠De toute façon, il faut vraiment que ton corps soit le plus dĂ©tendu possible -mĂȘme si ça paraĂźt compliquĂ©â, parce que si tâes crispĂ©, câest un peu plus dur dans la manĆuvre. Moi, jâai tout le temps besoin de ressentir des choses hyper fortes. Par exemple, je skie depuis que je sais marcher, ma mĂšre mâemmenait grĂące au comitĂ© dâentreprise -on ne roulait pas sur lâorâ, et cette vitesse que tu te procures sur les pistes, câest fou. Ăa fait du bien de ressentir du danger, aussi. Ă chaque fois que tu sautes en parachute, tu as une dĂ©charge Ă signer. Donc si jamais il y a une connerie, sâil se passe quelque chose, câest ton problĂšme. En gĂ©nĂ©ral, ça se passe bien, mais il y a tout un protocole Ă respecter: comment mettre le harnais, la combi, les lunettes, comment se positionner⊠AprĂšs, tâas les jambes au bord du vide Ă 4 000 ou 6 000 mĂštres, le monsieur te tape trois fois sur lâĂ©paule pour savoir si tu es prĂȘt, tu lui fais un pouce, tu mets la tĂȘte en arriĂšre sur son Ă©paule et câest parti pour la chute libre.â











