Manon Debaye | Society
Cahier Culture

Manon Debaye

Rencontre avec l'autrice de BD qui ausculte l'adolescence.
Une personne est assise dans un bureau, devant un mur décoré de posters et de petites images.
 SR / Photo: Mathias Zwick
  • Society
  • 8 min.
  • Culture

Des filles normales, Éditions Sarbacane

Que l’on y plonge pour la premiĂšre ou la milliĂšme fois, c’est toujours la mĂȘme triste et terrifiante histoire: les tourments de l’adolescence, ses vertiges et ses chutes libres, ses humiliations et ses vengeances, ses pactes d’amitiĂ© gravĂ©s dans le sang qui peuvent sauver mais plus souvent gĂącher des vies, son intensitĂ©, sa violence, ses regrets Ă©ternels, l’étrange nostalgie qu’elle finit toujours, bizarrement, par crĂ©er. On l’a vue au cinĂ©ma, on l’a lue dans des romans, on l’a Ă©coutĂ©e dans des chansons, parfois les pires, parfois les meilleures. On peut dĂ©sormais la contempler dans toute sa cruditĂ© dans les bandes dessinĂ©es de Manon Debaye, 32 ans et deux albums au compteur: La Falaise, publiĂ© en 2021, et Des filles normales, sorti Ă  la fin de l’étĂ© dernier et Ă  qui l’automne va trĂšs bien. Deux livres que l’on pourrait aisĂ©ment prĂ©senter comme un diptyque. Le premier se passait au collĂšge et tournait autour du suicide, qui, comme chacun sait dĂ©jĂ  Ă  cet Ăąge, est le seul problĂšme philosophique sĂ©rieux. Le second reprend les choses au lycĂ©e et ajoute, Ă  la colĂšre et Ă  la question du “grandir ou mourir”, l’emprise, le sexe, l’abus, la culpabilitĂ©. Dans les deux, les mĂȘmes dĂ©cors symboliques: la maison au bord de la forĂȘt, la falaise qui tombe Ă  pic, le lac perdu, la cour de rĂ©crĂ©ation comme une arĂšne de combat, la chambre comme un refuge.

Society #269

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