

Il existe plein de bonnes raisons de creuser un trou. En 2017, une étude de l’Association internationale des tunnels et de l’espace souterrain (ITA-Aites) avançait que 5 200 kilomètres de tunnels étaient percés par an dans le monde, principalement en Chine et au Moyen-Orient. Le puits de référence super profond expérimental de Kola, ou forage SG-3, profond de 12 262 mètres, fut creusé en URSS, au milieu de la toundra, entre 1970 et 1989, dans le but d’aller là où aucun homme n’était jamais allé, sous la croûte terrestre, à des fins scientifiques. Pendant des siècles, des pirates sont retournés piocher, la bave aux lèvres, à l’endroit indiqué par une croix rouge sur des cartes bouffées par l’iode, et des sourciers indiquent encore tous les jours à des hommes en costume de soie où trouver du pétrole. L’été venu, partout dans le monde, des enfants se glissent dans le sable en laissant dépasser la tête, pendant que leurs parents se passionnent pour la détection de métaux (deux millions d’adeptes rien qu’en Europe continentale). Car si les êtres humains aiment creuser des trous, ils aiment peut-être encore plus déterrer des choses. Voilà sans doute pourquoi en ce moment même, au fond d’une baie finlandaise, aux limites d’une forêt et au bout d’un chemin, un certain nombre d’entre eux s’emploient à faire sauter une montagne à coups de bâtons de dynamite en quête d’un temple, lequel ne contiendrait rien de moins que le plus grand trésor de l’histoire de l’humanité.















