Au nom du pĂšre | Society
Sarkozy

Au nom du pĂšre

Il y a Pierre, l'aĂźnĂ©, artiste. Jean, le cadet, hĂ©ritier contrariĂ©. Et Louis, le benjamin outrancier, bien dĂ©cidĂ© Ă  reprendre le flambeau. AprĂšs des annĂ©es Ă  tracer des trajectoires diffĂ©rentes, les trois fils de Nicolas Sarkozy sont de nouveau rĂ©unis pour “dĂ©fendre l'honneur” de leur pĂšre, parti en prison. Et puis? Retour sur trois vies qui en Ă©clairent une.
  • Par Lucas Duvernet-Coppola
  • 40 min.
  • Portrait
Illustration pour Au nom du pĂšre
 Illustrations : Klawe Rzeczy

Dans quelques minutes, les clichĂ©s tourneront en boucle et les lĂ©gendes des sites people parleront d’“images rarissimes” ou de “clan uni dans l’adversitĂ©â€, mais pour le moment, Pierre, Jean et Louis Sarkozy ne font que franchir les portes du tribunal judiciaire de Paris sans trop savoir quoi faire de tous ces objectifs braquĂ©s sur eux. C’est le jeudi 25 septembre, un peu aprĂšs 9h, et les trois frĂšres se dirigent vers la 32e chambre correctionnelle pour assister au verdict du procĂšs de leur pĂšre dans l’affaire dite du “financement libyen de sa campagne prĂ©sidentielle de 2007”. Le plus jeune, Louis, chroniqueur mĂ©diatique invĂ©tĂ©rĂ©, est le seul en costume-cravate, et semble sur le qui-vive. Le cadet, Jean, managing director dans une sociĂ©tĂ© de capital-investissement, paraĂźt lui aussi Ă  l’affĂ»t sous sa parka noire. Quant Ă  l’aĂźnĂ©, Pierre, il est considĂ©rĂ© depuis toujours comme l’artiste de la famille. Lui a un pantalon blanc, les mains dans les poches, l’air ailleurs. La lecture du jugement a dĂ©butĂ© prĂšs de trois heures plus tĂŽt quand, Ă  12h59, Nicolas Sarkozy se lĂšve pour faire face aux trois juges. La prĂ©sidente du tribunal le dĂ©clare coupable d’ “association de malfaiteurs” et d’avoir prĂ©parĂ© “une corruption au plus haut niveau” pour “accĂ©der Ă  la plus haute fonction”. De quoi rendre “nĂ©cessaire” une peine d’emprisonnement. L’ancien prĂ©sident est condamnĂ© Ă  cinq ans ferme avec mandat de dĂ©pĂŽt Ă  effet diffĂ©rĂ©, et 100 000 euros d’amende. Lorsqu’ils quittent les lieux, aucun des trois fils ne fait de commentaire.

Society #268

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