Au pays des statues disparues | Society
C'est arrivé prÚs de chez vous

Au pays des statues disparues

À des centaines de kilomĂštres du Louvre, le Lot-et-Garonne vit lui aussi sous le mystĂšre de braquages insensĂ©s: dans plusieurs villes du dĂ©partement, des statues de la Vierge Marie se sont volatilisĂ©es. Mais pourquoi?
  • Par Romuald Gadegbeku, dans le Lot-et-Garonne / Illustration: Candice Roger
  • 10 min.
  • Faits divers
Deux personnes avec des sacs à dos marchent sur un chemin de campagne. Elles rencontrent un baril entouré de ruban de sécurité. En arriÚre-plan, des moutons paissent dans un champ.
 Illustration : Candice Roger

Sous cette pluie fine, Marcel Calmette galĂšre avec son mĂštre. Il le dĂ©roule dans un sens, puis dans l’autre. “1,70 mĂštre”, dit enfin le maire de Paulhiac, un petit village du Lot-et-Garonne d’à peine 300 ùmes. Un mĂštre et 70 centimĂštres, c’est la hauteur du socle en pierre sur lequel a longtemps Ă©tĂ© fixĂ©e la statue de la Vierge Marie, “qui faisait environ la mĂȘme taille”, prĂ©cise l’édile. Ne restent aujourd’hui sur ce socle moussu qui trĂŽne sous un arbre, face Ă  l’église dĂ©catie du village, que des crochets en ferraille. Parce qu’il y a prĂšs d’un an, fin 2024, la statue a disparu. Le crĂąne dĂ©garni et l’Ɠil habituellement rieur derriĂšre ses lunettes, Marcel Calmette, maire divers gauche et “contre le RN”, selon ses mots, se dĂ©partit de sa bonne humeur quand il Ă©voque cette disparition. “Je suis maire de Paulhiac depuis 1987, et cette statue Ă©tait lĂ  depuis 1870 au moins. La voler, c’est attaquer l’histoire de notre village”, peste celui qui est aussi Ă©leveur de blondes d’Aquitaine. De retour dans son bureau, Ă  la mairie, sous un cerf empaillĂ© au long cou, Marcel Calmette affirme que c’est du “travail de pro” que d’arracher de son socle cette statue pesant plusieurs centaines de kilos. Les voleurs ont sans doute utilisĂ© “un bras de levage”. Pas de camĂ©ra pour restituer les faits, “probablement perpĂ©trĂ©s de nuit”. Pas d’indice non plus: les bandits sont partis sans laisser de trace.

Society #268

À lire aussi

L'intégrale du dossier Epstein

Commandez les deux numéros de Society sur notre boutique