

Chaque semaine, Christine* se rend Ă Cap3000, rutilant centre commercial de la CĂŽte dâAzur surplombant la mer MĂ©diterranĂ©e. Le rituel de la septuagĂ©naire est bien rodĂ©. Elle pĂ©nĂštre par lâentrĂ©e C dans la galerie marchande (notĂ©e 4,4 étoiles sur Google) et se rend chez SĂžstrene Grene pour sâoffrir une babiole. Ensuite, direction le stand du pĂątissier Philippe Tayac, oĂč elle dĂ©guste un flan Ă la pistache assorti dâun espresso . Puis son pĂ©riple la mĂšne au Monoprix, dont elle apprĂ©cie la lumiĂšre et la grande propretĂ© et oĂč elle fait ses courses hebdomadaires. AprĂšs avoir terminĂ© ses emplettes, Christine sâinstalle quelque temps sur son banc pour reposer son arthrite et regarder les gens passer. Elle termine sa journĂ©e Ă la terrasse du restaurant du dernier Ă©tage. Au soleil, elle admire les avions dĂ©coller de lâaĂ©roport niçois en avalant une assiette de gambas-frites. Enfin, elle rejoint la plage en contrebas pour se promener au son du clapotis des vagues, avant de repartir le cĆur lĂ©ger. Câest lĂ , entre le ponton et les rochers, en face du centre commercial, que Christine a choisi de passer lâĂ©ternitĂ©: quand le jour sera venu, sa fille, Sophie*, devra y rĂ©pandre ses cendres. Docile, celle-ci a prĂ©vu de sâexĂ©cuter. Elle sait la place particuliĂšre quâoccupe Cap3000 dans le cĆur de sa mĂšre, qui sâoccupe Ă domicile de son fils aĂźnĂ© lourdement handicapĂ©. âCâest sa bulle dâair, son fief, explique la trentenaire. Câest lĂ quâelle veut ĂȘtre, câest lĂ quâelle sera!â














