

“Je suis née et j’ai grandi au Cameroun, et l’été, on venait en France, parce que mon papa est français. Ma mère en profitait pour faire les courses pour l’école, acheter des vêtements, etc. Un jour, je disparais, ma mère me cherche dans tout le magasin, ils passent des annonces, ‘La petite Céline est attendue à l’accueil’. En fait, j’étais assise devant la boutique Swarovski à contempler une tiare en cristal, avec de belles pierres translucides ; je n’arrivais pas à bouger. Tu vois les tiares des princesses? Pas celles qui font tout le tour de ta tête, celles avec des petites broches qui viennent se clipser dans tes cheveux. J’étais vraiment en train de me dire: ‘Je veux être une princesse Disney.’ Fun fact, j’ai été une princesse dans mon village de Bangangté. Chez nous, les Bamilékés, la royauté, ça a vraiment une force. Ma grand-mère était reine. Quand elle est décédée, en 2016, je suis devenue reine à mon tour, et on est venu m’offrir des perles et des bijoux d’apparat. La joaillerie camerounaise, c’est très particulier. On a notamment de magnifiques perles bleues et des bracelets en cauris. Ce sont de petits coquillages blancs que l’on coud sur des bracelets, des colliers, des vêtements. Le perlage est très important au Cameroun, on va en retrouver jusque dans le mobilier. Ça demande des centaines d’heures de travail. L’artisanat a vraiment sa place.”













