Passion créoles | Society
Passion entĂȘtante

Passion créoles

Avec Giulia FoĂŻs, journaliste et autrice
Illustration pour Passion créoles
 
  • NoĂ©mie Pennacino
  • 2 min.
  • Chronique

Tous les grands bijoutiers ont fait leurs crĂ©oles, mais je prĂ©fĂšre celles Ă  2,50 balles parce que je les perds, je les casse, et parce que j’en veux plein. Elles ont poussĂ© Ă  mes oreilles en troisiĂšme, et je ne les ai plus jamais quittĂ©es. Ça fait partie de moi, elles sont trĂšs constitutives de ma personnalitĂ©. Je crois que ça raconte mon rapport au fĂ©minin, mon goĂ»t pour une certaine futilitĂ© -que je revendique, justement parce que j’ai toute la journĂ©e les mains dans le cambouis, dans tous ces sujets-lĂ  qui nous occupent, les fĂ©ministes, et qui font qu’on se bagarre jour aprĂšs jour, et heureusement qu’on a le droit d’ĂȘtre futiles! Alors je ne me dis pas tous les matins ‘Oh lĂ  lĂ , j’aime ĂȘtre une femme, donc je mets des crĂ©oles’ , en revanche il doit y avoir quelque chose de l’ordre de l’affirmation de soi dans le fait de mettre de grosses boucles d’oreilles. Parce que, je le prĂ©cise: elles ne sont pas petites, mes crĂ©oles! Pour moi, la taille minimale, c’est cinq centimĂštres ; en dessous, c’est petit bras, quoi! Et pour la largeur, deux millimĂštres minimum, et on peut aller beaucoup plus loin. Si on met une crĂ©ole, c’est pour que ça se voie, pas pour suggĂ©rer. On ne veut pas de l’érotisme, on veut du porno sur la crĂ©ole! Et je crois que ça raconte ça aussi: un fĂ©minin qui ne se cache pas, qui n’a pas honte, qui est joyeux.

Society #275

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