

Tous les grands bijoutiers ont fait leurs crĂ©oles, mais je prĂ©fĂšre celles Ă 2,50 balles parce que je les perds, je les casse, et parce que jâen veux plein. Elles ont poussĂ© Ă mes oreilles en troisiĂšme, et je ne les ai plus jamais quittĂ©es. Ăa fait partie de moi, elles sont trĂšs constitutives de ma personnalitĂ©. Je crois que ça raconte mon rapport au fĂ©minin, mon goĂ»t pour une certaine futilitĂ© -que je revendique, justement parce que jâai toute la journĂ©e les mains dans le cambouis, dans tous ces sujets-lĂ qui nous occupent, les fĂ©ministes, et qui font quâon se bagarre jour aprĂšs jour, et heureusement quâon a le droit dâĂȘtre futiles! Alors je ne me dis pas tous les matins âOh lĂ lĂ , jâaime ĂȘtre une femme, donc je mets des crĂ©olesâ , en revanche il doit y avoir quelque chose de lâordre de lâaffirmation de soi dans le fait de mettre de grosses boucles dâoreilles. Parce que, je le prĂ©cise: elles ne sont pas petites, mes crĂ©oles! Pour moi, la taille minimale, câest cinq centimĂštres ; en dessous, câest petit bras, quoi! Et pour la largeur, deux millimĂštres minimum, et on peut aller beaucoup plus loin. Si on met une crĂ©ole, câest pour que ça se voie, pas pour suggĂ©rer. On ne veut pas de lâĂ©rotisme, on veut du porno sur la crĂ©ole! Et je crois que ça raconte ça aussi: un fĂ©minin qui ne se cache pas, qui nâa pas honte, qui est joyeux.














