

Vous avez confié un jour trouver ‘agréables’ les interviews durant lesquelles vous avez ‘l’impression d’être chez le psy’. Alors, de quoi avez-vous envie de parler aujourd’hui? Du temps qui passe. Je fonctionne par phases: là, je suis en train de me rendre compte que le temps passe vite. Un peu comme quand je suis dans mon bain et que je me dis: ‘Wow, ça fait déjà trois quarts d’heure, il faudrait que je me lève.’ Puis je refais couler un peu d’eau et je me dis: ‘Ça va, en fait, j’ai encore un peu de temps.’ Au début de l’existence, tu ne te poses pas de questions et tu as l’impression que ça va durer toute la vie, la vie. Puis au bout d’un moment, ça s’accélère. Parce que, par définition, les baignoires sont évasées, mais à la fin, on n’a plus d’eau sur le ventre, puis, tout d’un coup, ça devient plus compliqué de se lever. La vie, c’est un peu comme ça, j’ai l’impression.
Ce rapport au temps, c’est venu quand? Je ne sais pas, je me disais l’autre jour que c’est comme quand tu vas à une soirée: tu t’amuses bien, tu regardes l’heure et tu te dis: ‘Ça va, il n’est que 22h30.’ Puis quand tu regardes de nouveau l’heure, il est 1h30 et tu te dis: ‘Wow, déjà! Il va falloir commencer à dire au revoir, rentrer, aller dormir… Eh merde, je dois me lever à 7h30, donc il ne me reste plus beaucoup de temps.’ Et en fait, entre 22h30 et 1h30, le temps est passé en cinq minutes. Alors qu’entre 20h et 22h30, ça allait, quoi.














