

Sous cette pluie fine, Marcel Calmette galère avec son mètre. Il le déroule dans un sens, puis dans l’autre. “1,70 mètre”, dit enfin le maire de Paulhiac, un petit village du Lot-et-Garonne d’à peine 300 âmes. Un mètre et 70 centimètres, c’est la hauteur du socle en pierre sur lequel a longtemps été fixée la statue de la Vierge Marie, “qui faisait environ la même taille”, précise l’édile. Ne restent aujourd’hui sur ce socle moussu qui trône sous un arbre, face à l’église décatie du village, que des crochets en ferraille. Parce qu’il y a près d’un an, fin 2024, la statue a disparu. Le crâne dégarni et l’œil habituellement rieur derrière ses lunettes, Marcel Calmette, maire divers gauche et “contre le RN”, selon ses mots, se départit de sa bonne humeur quand il évoque cette disparition. “Je suis maire de Paulhiac depuis 1987, et cette statue était là depuis 1870 au moins. La voler, c’est attaquer l’histoire de notre village”, peste celui qui est aussi éleveur de blondes d’Aquitaine. De retour dans son bureau, à la mairie, sous un cerf empaillé au long cou, Marcel Calmette affirme que c’est du “travail de pro” que d’arracher de son socle cette statue pesant plusieurs centaines de kilos. Les voleurs ont sans doute utilisé “un bras de levage”. Pas de caméra pour restituer les faits, “probablement perpétrés de nuit”. Pas d’indice non plus: les bandits sont partis sans laisser de trace.














