

Ce lundi matin de novembre, la pluie est tombée dru sur Saint-Molf, en Loire-Atlantique. De quoi décrotter les “culs-terreux”, comme ses 3 000 habitants étaient jadis surnommés dans les alentours, pour la simple raison qu’ils peuplent l’intérieur des terres. Vers midi, un vent du nord s’est levé, dégageant les nuages. Si le beau temps est revenu sur le pays de Brière et les marais salants de Guérande, qui font la réputation de la région un peu plus au sud, il n’a pas dissipé le mystère qui nappe ce coin de Bretagne depuis le 14 octobre dernier. Ce soir-là, dans le hameau de Kerhudal, Agnès L., 45 ans, parvient à fuir du pavillon où elle est retenue captive depuis plusieurs années par Sandra J., 60 ans, son ancienne collègue à l’hôpital intercommunal de la Presqu’île Guérande-Le Croisic, devenue ensuite sa colocataire. Huit jours plus tard, la révélation de l’affaire attire les journalistes de tout le pays. Tous s’agglutinent entre le grand chêne et la boîte aux lettres située au 2 bis, devant la maison dont la victime s’est extraite. Mais ni le brouhaha ni l’arrestation de la tortionnaire présumée et de son compagnon de 82 ans n’ont permis de répondre aux questions qui taraudent désormais les habitants du coin. Comment, des années durant, cette femme a-t-elle pu être retenue captive? Comment a-t-elle pu disparaître de la circulation sans que cela alerte quiconque? Et pourquoi personne n’a rien vu?














