

Il se cache dans presque tous les foyers du pays, discret malgré son vert fluorescent. Sur le palier, dans le garage ou au fond d’un placard, le boîtier Linky enregistre minute par minute la consommation électrique des Français. Certains y voient un ennemi de l’intérieur, un mouchard, dont ils rêvent de se débarrasser. Dans la région bordelaise, ces récalcitrants ont longtemps eu leur homme: un certain Éric B., dont la spécialité consistait à trafiquer les compteurs pour faire chuter la note à la fin du mois. L’homme arrivait au volant d’une BMW X6 blanche, une mallette d’outils à la main, et passait une vingtaine de minutes à triturer l’appareil à coups de perceuse et de fer à souder pour détourner une partie de l’électricité afin qu’elle échappe à la machine -dans le jargon, on appelle ça “shunter” le compteur. Résultat: une consommation en baisse de plus de 80% et la perspective de fins de mois plus sereines pour ses clients, comme pour lui, puisqu’il facturait l’intervention entre 500 et 800 euros.
















