

Si vous passez assez de temps sur les réseaux sociaux pour savoir où partent en vacances des gens que vous ne connaissez pas, alors vous êtes forcément tombés dessus. Sur le dos de quelqu’un qui sirote une noix de coco sur la plage d’Ipanema, pose devant le Christ Rédempteur ou voyage à l’arrière d’un taxi moto, le t-shirt floqué “Brasil – Rio de Janeiro” est partout. Vendu environ 40 reais (6,50 euros) dans toutes les couleurs, version classique ou crop top, avec ou sans bretelles, mais toujours mal taillé, il est devenu l’accessoire le plus en vogue du pays de Lula. “Ces hauts? J’en vends entre 50 et 100 par jour”, explique Vera pendant qu’elle fouille dans ses stocks pour satisfaire les touristes agglutinés autour de son stand en cette fin d’après-midi de février. Autour d’elle, tout au long de ce marché nocturne de l’Avenida Atlântica, à Rio, une vingtaine d’autres échoppes proposent la même marchandise. Ce à quoi il faut ajouter les vendeurs de rue que l’on trouve à peu près tous les 50 mètres sur les quatre kilomètres et demi de Copacabana, les vendeurs de plage et la centaine de boutiques du marché Uruguaiana, où touristes et Cariocas viennent faire le plein de faux maillots de foot et de déguisements de carnaval. Pas besoin d’être Cédric Villani pour comprendre que ça fait beaucoup de t-shirts. Alors pourquoi un tel engouement? “C’est depuis que les stars l’ont porté”, résume Tatiana, une autre vendeuse. D’après elle, tout est parti de la chanteuse Anitta, mégastar locale, qui compte près de 63 millions de followers sur Instagram. Puis Dua Lipa et Rosalía s’y sont mises. Autre explication: la hausse du nombre de touristes. En 2024, le gouvernement brésilien a lancé un Plan national du tourisme pour faire du Brésil le pays le plus visité d’Amérique latine d’ici 2027 et ainsi créer plus d’un million d’emplois. Un an, une amélioration des liaisons aériennes, quelques demandes de visa en moins et un partenariat avec TikTok plus tard, le Brésil dépassait déjà ses objectifs en accueillant neuf millions de touristes étrangers en 2025. Soit 40% de plus qu’en 2024. “Venez! s’emballe Vera. On a des t-shirts pour tout le monde!”
















