

Il y a les grosses chaleurs, et il y a celle de La Nouvelle-OrlĂ©ans, qui brĂ»le la nuque et fait de la transpiration une seconde peau. Aux abords du A. L. Davis Park, dans le quartier de Central City, pile au croisement de Washington Avenue et Lasalle Street, les membres dâune fanfare, des grands gaillards en t-shirt prĂšs du corps ou dĂ©bardeur blanc, sont venus sâabriter Ă lâombre dâun chĂȘne. Comme tous les dimanches, six mois dans lâannĂ©e, toute la ville sâest rassemblĂ©e pour la traditionnelle Second Line, une parade aux allures de grande FĂȘte des voisins, organisĂ©e par une association diffĂ©rente chaque week-end. âAujourdâhui, ce sont les Scene Boosters, un club vieux de 50 ansâ, informe Hermon Joseph, 70 ans, incisives en plaquĂ© or, surnommĂ© âBottle Manâ en raison de la bouteille de vin blanc qui lui sert de percussion depuis un demi-siĂšcle. Chris, la soixantaine -ce qui en fait le plus jeune du clubâ, sâest mis sur son trente-et-un, il porte un costume blanc et lavande. Plus quâune simple coquetterie, câest une ligne de conduite: âSi tu nâes pas frais, tu ne fais pas partie de la Second Line.â Les joints se consument aussi vite quâils se roulent. Les Scene Boosters sâalourdissent lâestomac aux food trucks.












