

La messe commence dans dix minutes et la grande porte en bois de la basilique de l’ancienne cathédrale Saint-Patrick n’en finit plus de battre. Elle s’ouvre, se referme et s’ouvre encore. Dehors, de jeunes adultes activent le pas. Comme pour un concert, tous visent le premier rang. À SoHo, quartier de Manhattan, un dimanche d’hiver à 19h, de nuit, difficile de croire qu’ils bravent le froid pour venir s’enfermer plus d’une heure… à l’église. Et pourtant, les bancs en bois débordent. Sur les côtés, on déplie des chaises qui trouvent aussitôt preneur. On se tasse, puis on se tient debout, jusqu’à se poster derrière les épais rideaux de velours rouge qui séparent la nef du hall d’entrée. Peu importe si la vue est obstruée, personne ne rebrousse chemin. “Le plus important, quand on vient ici, c’est d’entendre le prêche du prêtre”, confie Naeri, 23 ans, emmitouflée dans son manteau de fourrure. Autour d’elle, peu de cheveux blancs, mais quelques vestes Barbour et beaucoup de doudounes The North Face.


















