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Il aurait pu couler une retraite tranquille. Mais à bientÎt 77 ans, Jean-Michel Aulas, l'ancien président de l'Olympique lyonnais, semble bien parti pour devenir le prochain maire de sa ville. Qu'est-ce qui le fait courir? est allé marcher dans ses pas.
  • Par Victor le Grand, Ă  Lyon Photos: SĂ©bastien ÉrĂŽme pour Society
  • 10 min.
  • Portrait
Illustration pour JMA Le Lyonnais
 Photos: SĂ©bastien ÉrĂŽme pour Society

Jean-Michel Aulas montre des signes d’impatience. Il ne regarde plus son interlocuteur dans les yeux, fixe -sans les lire- les documents que ce dernier lui a donnĂ©s, les trifouille nerveusement dans ses mains et soupire dĂšs qu’il en a l’occasion. Puis, n’en pouvant manifestement plus, il finit par couper la parole de l’homme qui se confie Ă  lui depuis de longues minutes, le directeur gĂ©nĂ©ral d’une compagnie de danse situĂ©e dans IXe arrondissement de Lyon, oĂč le candidat aux prochaines Ă©lections municipales est en balade ce matin du jeudi 12 fĂ©vrier. Sans sommation, Jean-Michel Aulas se paye Anne Braibant, l’actuelle maire de l’arrondissement. LĂ©ger malaise. La conversation reprend. Aulas continue de hocher la tĂȘte de droite Ă  gauche, chuchotant Ă  la volĂ©e des petites phrases de dĂ©pit –“Mais c’est pas possible!”-visant ses opposants politiques, sans jamais donner l’impression de suivre la discussion, comme s’il jouait son propre match de son cĂŽtĂ©. Au moment de s’échanger les formules de politesse d’usage avant de partir, il est le dernier Ă  se lever de table, continuant Ă  critiquer encore et encore le maire Ă©cologiste sortant, GrĂ©gory Doucet, son bilan et ses Ă©quipes. À croire que c’est sa principale motivation dans cette aventure municipale. “Ma candidature est venue par dĂ©faut, si je puis dire, confirme-t-il quelques heures plus tard, Ă  bord d’un taxi van. Passez deux heures avec moi dans Lyon, vous verrez dix voire cent personnes me dire: ‘Sauvez-nous, on n’en peut plus, on va mourir!’ ” Rien que ça? “Oui, parce que personne n’osait affronter une situation qui est en train de dĂ©gĂ©nĂ©rer. Je vois tellement de choses incohĂ©rentes et dĂ©nuĂ©es de bon sens que je ne peux pas ne pas envisager de faire mieux.”

Society #275

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