

Peu de gens peuvent se targuer dâavoir changĂ© lâunivers de la restauration, encore moins dâavoir inventĂ© quelque chose. Bernard Boutboul, lui, a fait les deux. Sâil vous arrive aujourdâhui de faire glisser votre allongĂ© avec un mini-cannelĂ©, une mignonne crĂšme brĂ»lĂ©e et une verrine de panna cotta, câest de sa faute. En 1990, cet autodidacte, comme il aime Ă se dĂ©finir, vient de fonder Gira, son cabinet de conseil aux entreprises de la restauration. Fort de dix grosses annĂ©es de mĂ©tier sur le terrain, en cuisine et surtout en salle, dans des Ă©tablissements qui vont du McDonaldâs Ă lâĂ©toilĂ© Michelin, il dispense ses bons conseils aux restaurateurs souhaitant amĂ©liorer leurs marges. Câest ainsi que pour venir Ă la rescousse de La CriĂ©e, qui a du mal Ă Ă©couler ses desserts, lâhomme aux lunettes rectangulaires invente le cafĂ© gourmand, plus rentable pour le restaurateur quâun simple cafĂ©, moins culpabilisant quâun dessert pour le client. Banger immĂ©diat. Bernard a beau ĂȘtre une pointure, donc, il concĂšde ne pas avoir vu venir la derniĂšre grosse tendance en matiĂšre de street food : aprĂšs le kebab et les tacos, la nouvelle bombe calorique du snacking sâappelle le âcroustyâ. âLes tendances arrivent subitement et dĂ©collent trĂšs vite, on a un turnover et un cycle de produits qui se rĂ©duit dâannĂ©e en annĂ©e, analyse lâexpert. Il nây a pas eu de signaux faibles (de signes avant-coureurs en langage marketing, ndlr) et aujourdâhui le crousty est partout.â
















