

Le ping pong est entrĂ© dans sa vie, mais elle ne sait plus par quelle porte. Ătait-ce le âchoc esthĂ©tiqueâ de la vitesse des balles? Ou bien les âjolis visagesâ des stars de la raquette? Lan Wang ne se souvient plus trop et, de toute façon, peu importe, elle est pressĂ©e. Dans une trentaine de minutes, son chouchou entrera en piste. Dans les travĂ©es de la Galaxy Arena de Macao, pour ces championnats du monde de tennis de table, les 16 000 siĂšges ne sont pas tous occupĂ©s mais ceux des premiers rangs affichent dĂ©jĂ complet, en cette mi-avril. Alors Lan Wang court, Birkenstock aux pieds et tote bag Ă lâĂ©paule. Cette professeure dâarts plastiques de 28 ans employĂ©e par lâuniversitĂ© de Foshan, Ă une heure de route de Macao, sâĂ©tait dĂ©jĂ rendue Ă Doha, au Qatar, en janvier dernier pour assister Ă un tournoi du circuit mondial. Le mois suivant, elle Ă©tait Ă Busan, en CorĂ©e du Sud, pour les championnats du monde par Ă©quipe. Cet Ă©tĂ©, elle aurait aimĂ© faire le voyage Ă Paris, mais âles billets sont partis trop viteâ. Quand elle ne se dĂ©place pas, cette âaccroâ au tennis de table se rabat sur son tĂ©lĂ©phone et suit les matchs sur CCTV-5, la chaĂźne chinoise dĂ©diĂ©e aux sports, ou sur lâappli de streaming Migu. Car depuis quelques mois, Lan Wang sâest entichĂ©e dâun petit nouveau, FĂ©lix Lebrun. Elle lâappelle affectueusement âFĂ©lixâ, sans son nom de famille -prononcĂ© âLe Bu Lunâ en chinois. Dans quelques minutes, il affrontera le TaĂŻwanais Kao Cheng-jui, aprĂšs quoi Lan Wang se ruera en bas des tribunes pour arracher un regard, un selfie, peut-ĂȘtre mieux. âJâai croisĂ© FĂ©lix dans un restaurant Ă Busan, papillonne la jeune femme. Il Ă©tait avec son frĂšre, Alexis, ils nous ont dit âSalutâ , aussi timides que nous, ils ont rougi. CâĂ©tait mignon. JâespĂšre le recroiser ici.â Pourquoi tant dâamour? Lan Wang cherche ses mots. âDans la vie, il y a deux choses qui me rendent heureuse, finit-elle par dire. Taylor Swift et FĂ©lix.â












