

Dans les rues de Kenosha, il ne reste plus personne. Ni manifestants, ni miliciens, ni policiers, ni reporters de tĂ©lĂ©vision. Lâendroit est dĂ©sert en cette matinĂ©e dâautomne. Au milieu du brouillard, seul dans sa voiture, un homme de 70 ans Ă©coute la radio. Cet homme, câest Michael Schumacher. Voix dâours: âComme le pilote de Formule 1, sauf que je nâai pas son argent.â Un titre de Simon an d Garfunkel sâĂ©chappe de lâhabitacle, Schumacher monte le volume. La chanson sâappelle My Little Town, Ă©vocation de la ville dâenfance de lâun des deux chanteurs, oĂč lâon nâest jamais guĂšre plus que âle fils de son pĂšreâ et oĂč le mieux reste dâĂ©conomiser son argent et de ârĂȘver de gloire en tremblant comme un doigt sur la gĂąchette dâun fusilâ. La rengaine pourrait tout aussi bien dĂ©peindre Kenosha, Ă en croire Michael Schumacher. âJe viens dâune grande famille, jâai sept frĂšres et sĆurs, mais tout le monde a quittĂ© la ville. Peut-ĂȘtre Ă cause du climat qui y rĂšgne.â Un climat de guerre civile depuis que le 23 aoĂ»t dernier, aux alentours de 17h, un policier blanc a tirĂ© sept coups de feu sur un Afro-AmĂ©ricain de 29 ans, Jacob Blake. CâĂ©tait quelques semaines seulement aprĂšs la mort de George Floyd Ă Minneapolis.


























