

Heleni est assise sur le sol du porche de lâancien QG de Syriza, sous une affiche fatiguĂ©e de son ex-leader, AlĂ©xis Tsipras, collĂ©e au mur. Autour dâelle, ce quâil reste de sa vie de guenilles: des briquets et tout un tas de bricoles insignifiantes rĂ©cupĂ©rĂ©es çà et lĂ . Dâun signe de la main, elle demande Ă ce que ses amis sâĂ©loignent ou se taisent: elle a les oreilles qui bourdonnent, un syndrome classique de la prise de mĂ©thamphĂ©tamine. Alors Hamit, un Iranien dâune cinquantaine dâannĂ©es qui tuait le temps Ă ses cĂŽtĂ©s, se dĂ©cale. Ă quelques dizaines de mĂštres du prestigieux Théùtre national dâAthĂšnes, la consommation de mĂ©thamphĂ©tamine se fait en plein air et aux yeux de tous. Un dĂ©cor poisseux de quelques rues situĂ©es Ă lâouest de la place dâOmonia, tapissĂ©es de seringues usagĂ©es et de pipes. Au milieu de ce triangle de la dĂ©fonce en plein centre-ville, des corps Ă©puisĂ©s, des bagarres entre consommateurs pour une dose disparue, des tensions gĂ©nĂ©rĂ©es par les crises de manque. Cela fait dĂ©sormais plus de dix ans que la capitale grecque vit avec ce supermarchĂ© de âmethâ Ă ciel ouvert. Dans un mouvement semblable Ă la problĂ©matique du crack Ă Paris, le campement se dĂ©place au grĂ© du processus de gentrification des quartiers centraux dâAthĂšnes et sâenkyste temporairement dans des poches dâhabitat dĂ©gradĂ©es.












