

Il est midi. Noémie, 35 ans, sort de son bureau en vitesse, grimpe dans sa voiture, conduit sans réfléchir, par automatisme.
Elle connaĂźt la route par cĆur: cinq petites minutes Ă peine. Clignotant. ArrivĂ© en pleine zone industrielle, le vĂ©hicule sâengouffre dans lâentrĂ©e dâun hangar entĂŽle ondulĂ©e faussement blanche Ă lâallure dĂ©labrĂ©e coincĂ© entre un garage automobile et une barre dâimmeubles.
Noémie se gare, pénÚtre dans le magasin.
Ă lâintĂ©rieur, des bacs Ă perte de vue, regroupĂ©s les uns contre les autres.
Ici et lĂ , des portants Ă vĂȘtements, des Ă©tals remplis tantĂŽt de claquettes et de vaisselle, tantĂŽt de bouteilles devin et de gĂąteaux aux Ă©tiquettes italiennes, des Ă©tagĂšres, des cagettes, des cartons Ă moitiĂ© dĂ©ballĂ©s et un congĂ©lateur Ă coffre vitrĂ©. Les lieux ne sont pas si grands, mais donnent presque le tournis. Pourtant, NoĂ©mie semble loin dâĂȘtre dĂ©boussolĂ©e.
Elle est mĂȘme trĂšs Ă lâaise. Noz, câest son magasin. Avant les âconfinements successifsâ, elle sây rendait trois fois par semaine. Elle donne le mode dâemploi: âIl faut vraiment fouiller dans les bacs. Jây reste souvent une heure. Vraiment, ça va super vite, on ne se rend pas compte du temps qui passe.â




Depuis quatre ans maintenant, six chercheurs québécois tentent de résoudre le mystÚre d'une bouteille qui aurait été lancée à lamer depuis le Titanic par Mathilde Lefebvre, une jeune fille de 12 ans, le 13 avril 1912, la veille du naufrage. Faisant remonter à la surface le destin d'une famille parmi la cinquantaine de Français ayant pris place sur le plus célÚbre paquebot de l'histoire.


