Des ovnis au self-service | Society
Reportage

Des ovnis au self-service

Chaque premier mardi du mois, de 18h Ă  21h30, se tiennent Ă  la cafĂ©tĂ©ria Casino de La DĂ©fense les rĂ©unions Ovni Paris. LĂ , entre un magasin de sport et un autre de bricolage, des hommes et des femmes devisent d'aliens, de soucoupes volantes et de drones venus du futur. Entre gens “qui savent”.
L'image montre plusieurs personnes assises dans un café ou un restaurant. Un homme à gauche semble somnoler, une femme sourit, un autre homme est pensif, et un quatriÚme regarde un reçu. L'ambiance est détendue avec des tables en bois et des photos encadrées sur le mur.
 Vincent Berthe pour Society
  • Par Quentin MĂŒller
  • 9 min.
  • Reportage

“Bonjour, vous venez pour les petits hommes verts, je prĂ©sume?” KĂ©vin, serveur Ă  la cafĂ©tĂ©ria Casino de La DĂ©fense, est ce que l’on appelle un type au parfum: derriĂšre sa caisse, chaque premier mardi du mois, il voit dĂ©filer le mĂȘme groupe d’amateurs de phĂ©nomĂšnes ufologiques. “Ils me font fermer plus tard que d’habitude, mais d’un autre cĂŽtĂ©, ils relancent un peu notre chiffre d’affaires”, fait-il contre mauvaise fortune bon cƓur. Ce mardi de printemps, ils sont une trentaine Ă  avoir fait le dĂ©placement, venus de toute l’Île-de-France. Chacun d’entre eux prend son plateau en silence, se sert, passe devant KĂ©vin, puis se dirige vers le fond de la salle, Ă  l’abri des regards. Enceintes, micro et diaporamas sont dĂ©jĂ  installĂ©s. Il est 18h, tout est prĂȘt pour que la rĂ©union Ovni Paris se passe dans les meilleures conditions. Tous les participants se connaissent, ou presque. Tous ont dĂ©jĂ  participĂ© Ă  des “enquĂȘtes de terrain”, se sont passĂ©, au moins une fois, une paire de jumelles sur un terrain vague, la nuit. Tous ont vu ou savent des choses. SexagĂ©naires pour la plupart, ils appartiennent Ă  cette gĂ©nĂ©ration de l’aprĂšs-guerre fascinĂ©e par la science-fiction des annĂ©es 1950. Paulette va sur ses 90 ans, elle tient difficilement son plateau. C’est la doyenne. “J’ai participĂ© Ă  de nombreuses enquĂȘtes de terrain, explique-t-elle. On allait voir les paysans qui avaient vu des soucoupes volantes. D’abord, on vĂ©rifiait qu’ils n’étaient pas saouls. On voyait directement aux poubelles de la veille s’ils avaient bu ou pas. Ensuite, on leur demandait s’ils avaient une bonne vue. Puis, on prenait note de ce qu’ils nous dĂ©crivaient. On allait sur les lieux, on prenait des Ă©chantillons de terre et on revenait plus tard constater s’il y avait des Ă©volutions.” Paulette se souvient de ces dĂ©placements Ă  travers la France. “Il valait mieux s’acoquiner avec le commissariat du coin, parce que parfois, quand des choses Ă©tranges se produisaient, les types nous appelaient. Pareil pour l’armĂ©e: il fallait ĂȘtre sĂ»rs qu’ils n’avaient pas survolĂ© la rĂ©gion la veille avec un avion.” Aujourd’hui, Paulette n’a plus la force de bosser avec sa brigade “ghostbuster”. Mais elle se tient toujours informĂ©e des derniĂšres actus ufologiques. “Je viens Ă  ces rĂ©unions depuis des annĂ©es. Et je continuerai d’y aller tant que mes cannes me le permettront”, dit-elle.

100 % ovnis

Society #270

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