

Lâimage VHS bave lĂ©gĂšrement. Sa qualitĂ© tout analogique nâempĂȘche cependant pas de discerner quelques Ă©lĂ©ments pixĂ©lisĂ©s. Une barre blanche oscillant de droite Ă gauche. Une sorte de viseur. Des chiffres dissĂ©minĂ©s ici et lĂ . Quelques carrĂ©s, puis un losange qui semble prendre la fuite vers la droite. Il y a 30 ans, ce nâest pourtant pas sur une vieille tĂ©lĂ©vision que cette sĂ©quence de quelques secondes sâest affichĂ©e, mais bien sur les radars de deux F-16 de la force aĂ©rienne belge. Dans la nuit du 30 au 31 mars 1990, aux alentours de minuit, les deux avions dĂ©collent de la base de Beauvechain, Ă une quarantaine de kilomĂštres au sud de Bruxelles. Leur mission: traquer un objet volant non identifiĂ©, suivi depuis prĂšs dâune heure par deux radars militaires au sol et par plusieurs gendarmes affirmant observer des points lumineux Ă©tranges depuis Ramillies, une commune Ă 25 minutes de Beauvechain. Lorsquâon lui donne lâordre de dĂ©coller, Yves Meelbergs, lâun des deux pilotes, est pourtant âperplexeâ. Certes, cela fait plusieurs mois que des centaines de tĂ©moins racontent avoir vu de curieux objets voler dans le ciel belge, mais les deux derniĂšres sorties de chasseurs nâont pas vraiment Ă©tĂ© concluantes. La premiĂšre nâa rien donnĂ©, et la deuxiĂšme a tournĂ© Ă la farce lorsque les avions se sont retrouvĂ©s, en fait dâovnis, Ă courser les lasers dâune boĂźte de nuit. Pourquoi lâarmĂ©e prendrait-elle le risque dâautoriser une troisiĂšme expĂ©dition? âIl rĂ©gnait une ambiance dâhystĂ©rie collective. Il fallait rassurer la populationâ, se souvient Guy CoĂ«me, Ă lâĂ©poque ministre de la DĂ©fense de ce pays qui hĂ©berge le siĂšge de lâOTAN, et dans lâespace aĂ©rien duquel les intrus font donc mauvais genre.














