

Parce quâun grand entraĂźneur est avant tout un Ă©ternel insatisfait, Fulvio Bernardini, coach de la Fiorentina, sâĂ©nerve. En cet automne 1954, ses joueurs ont certes remportĂ© la victoire sur le terrain de Ferrare, mais ils ont encaissĂ© un but alors quâils avaient passĂ© la semaine prĂ©cĂ©dente Ă travailler le repli dĂ©fensif Ă lâentraĂźnement. AgacĂ©, le mythique entraĂźneur italien dĂ©cide de sanctionner ses hommes: dĂšs leur retour au vestiaire, il annonce Ă ses titulaires quâau lieu de se reposer, ils seront alignĂ©s dans la foulĂ©e contre la Pistoiese, une Ă©quipe de quatriĂšme division, dans un match comptant pour le championnat des remplaçants, une compĂ©tition aujourdâhui disparue. Au-delĂ de la punition, Bernardini est convaincu que le modeste sparring-partner toscan peut permettre Ă la Fiorentina, alors troisiĂšme du championnat italien, dâopĂ©rer quelques rĂ©ajustements tactiques nĂ©cessaires avant la rĂ©ception de lâUdinese lors de la journĂ©e de championnat suivante. Et câest ainsi que le 27 octobre, la Fiorentina au grand complet est alignĂ©e dans un stade Artemio-Franchi Ă moitiĂ© vide. Les 10 000 supporters prĂ©sents sont ravis. Les joueurs de la Pistoiese, qui sâapprĂȘtent Ă disputer le match de leur vie, aussi. Les amateurs profitent mĂȘme du complexe de supĂ©rioritĂ© de leurs adversaires pour prendre lâavantage au tableau dâaffichage. Rapidement, les visiteurs mĂšnent 2-0. TouchĂ©e dans son orgueil, la Fiorentina parvient tout de mĂȘme Ă Ă©galiser (2-2) quelques minutes avant la fin de la premiĂšre mi-temps. Puis, au retour des vestiaires, fait le siĂšge des buts pistoiesi comme jamais. Mais en vain: car malgrĂ© la pression, la Pistoiese tient bon.




























