

Dans quelques minutes, les clichés tourneront en boucle et les légendes des sites people parleront d’“images rarissimes” ou de “clan uni dans l’adversité”, mais pour le moment, Pierre, Jean et Louis Sarkozy ne font que franchir les portes du tribunal judiciaire de Paris sans trop savoir quoi faire de tous ces objectifs braqués sur eux. C’est le jeudi 25 septembre, un peu après 9h, et les trois frères se dirigent vers la 32e chambre correctionnelle pour assister au verdict du procès de leur père dans l’affaire dite du “financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007”. Le plus jeune, Louis, chroniqueur médiatique invétéré, est le seul en costume-cravate, et semble sur le qui-vive. Le cadet, Jean, managing director dans une société de capital-investissement, paraît lui aussi à l’affût sous sa parka noire. Quant à l’aîné, Pierre, il est considéré depuis toujours comme l’artiste de la famille. Lui a un pantalon blanc, les mains dans les poches, l’air ailleurs. La lecture du jugement a débuté près de trois heures plus tôt quand, à 12h59, Nicolas Sarkozy se lève pour faire face aux trois juges. La présidente du tribunal le déclare coupable d’ “association de malfaiteurs” et d’avoir préparé “une corruption au plus haut niveau” pour “accéder à la plus haute fonction”. De quoi rendre “nécessaire” une peine d’emprisonnement. L’ancien président est condamné à cinq ans ferme avec mandat de dépôt à effet différé, et 100 000 euros d’amende. Lorsqu’ils quittent les lieux, aucun des trois fils ne fait de commentaire.














