

Depuis quelques annĂ©es, pour Kim Stanley Robinson, la fiction croise de plus en plus la rĂ©alitĂ©. Câest devenu particuliĂšrement palpable en 2021. Alors quâil venait de publier Le MinistĂšre du futur, un roman de science-fiction sâachevant sur une COP situĂ©e aux alentours de 2050, voilĂ quâil Ă©tait invitĂ© Ă Glasgow pour sâexprimer lors de la COP26, prĂ©cisĂ©ment sur ce thĂšme: âLe monde en 2050â. Parfois submergĂ© par lâĂ©motion, Robinson y a dĂ©taillĂ© la possibilitĂ© dâun avenir proche portĂ© par âla collaboration et la solidaritĂ© entre les humainsâ, soit le fil rouge de son livre. MalgrĂ© une vingtaine de romans publiĂ©s, quasiment tous des succĂšs critiques et quelques best-sellers, Robinson, 69 ans Ă lâĂ©poque, est pris du syndrome de lâimposteur.
La COP est âcomme un cirqueâ, se dit-il alors, et il craint dâĂȘtre âun clown parmi tant dâautresâ. Sa facette plus optimiste se dit que âle bouffon de la cour est souvent Ă©coutĂ© par les gens de pouvoir, qui souhaitent sâamuser et entretenir des idĂ©es follesâ. Ă Glasgow, Kim Stanley Robinson a rencontrĂ© des diplomates, des activistes et des chefs dâentreprise â les profils centraux du MinistĂšre du futur â, et a plaidĂ© en faveur de la mise en Ćuvre de grands projets: gĂ©o-ingĂ©nierie Ă large Ă©chelle pour empĂȘcher la fonte des glaciers, remplacement des avions par des dirigeables Ă Ă©nergie solaire, rĂ©organisation de lâĂ©conomie autour de mĂ©canismes financiers Ă mĂȘme de favoriser la dĂ©carbonation. Soit, lĂ encore, certains des projets les plus ambitieux de son ministĂšre fictif.








