

Ceux qui avaient accompagné le vieux motard sur les routes pendant des années firent passer le mot: ses funérailles devaient être à la hauteur de son panache, “comme pour un roi viking”. Alors ce sont des centaines et des centaines de cuirs lustrés venus des quatre coins de l’Europe qui, ce matin ensoleillé du 26 avril 2025, ont subitement envahi les abords de Notre-Dame-de-la-Pinède, charmante petite église d’Antibes, dans les Alpes-Maritimes, afin de rendre hommage au célèbre “Kok”. Victime trois semaines plus tôt d’un arrêt cardiaque fatal, Michael Grundt Rosenvold de son vrai nom, un Danois de 57 ans, était depuis 2012 le leader continental des Bandidos, puissante association internationale d’amateurs de Harley-Davidson. Ces dernières années, après mille aventures, l’homme avait choisi de se mettre au vert sur la Côte d’Azur, et c’est là aussi qu’il souhaitait être enterré. Des adieux dont la liturgie se confond, ce jour de printemps, avec celle d’un couronnement: à l’issue de la messe réglementaire, l’imposant drapeau rouge et or des Bandidos recouvrant le cercueil de Michael Grundt Rosenvold est délicatement plié par des membres de sa garde rapprochée, avant d’être remis avec déférence à un motard installé parmi les premiers rangs de l’assemblée, clairement moins molosse que les autres. Chef des Bandidos en France, Hervé Lespert est ainsi proclamé, d’un geste, successeur du grand Kok. Il est le nouveau “président” de toute l’Europe, selon le titre exact de la fonction suprême. Tout autour, un bruissement de sourires enthousiastes vient se mêler à la tristesse du deuil.

















