

âQuand je tombe sur le Palais Bulles de ThĂ©oule-sur-Mer, Ă lâadolescence, je me dis âMais quâest-ce que câest que cette dinguerie?â . Je trouve ça sublime. Câest une construction, encore debout aujourdâhui, dâAntti Lovag, un architecte hongrois. Les maisons bulles, ce sont des maisons dont les piĂšces sont sphĂ©riques. Câest une passion assez solitaire, on ne va pas se mentir, parce que les gens normaux sâen foutent et les architectes savent que câest une bonne idĂ©e pendant cinq ans, et puis aprĂšs, câest dur Ă chauffer, ça se fissure et il faut faire des meubles sur mesure. Il y a une citation qui dit que chaque architecte devrait avoir le droit de pousser un cri, quitte Ă ĂȘtre bĂąillonnĂ©(e) ensuite. Jâaime bien cette idĂ©e. On devrait avoir une architecture expĂ©rimentale, comme on a un cinĂ©ma expĂ©rimental. Les maisons bulles, ça a Ă©tĂ© une utopie, Ă une Ă©poque oĂč les matĂ©riaux nâĂ©taient pas chers, les rĂ©glementations permettaient dâexplorer des possibilitĂ©s et des gens Ă©taient prĂȘts Ă mettre la main au portefeuille. Mon rĂȘve, ce serait Ă©videmment de mâen faire construire une ou dâen acheter une existante. Ă un moment, le Palais Bulles Ă©tait Ă vendre pour la bagatelle de 300 millions dâeuros et, bon, jâĂ©tais un peu ric-rac. Pas sĂ»r que le stand-up me rapporte un jour 300 millions dâeuros, mais on nâest pas Ă lâabri dâun succĂšs.â












