

Dans son appartement du XIIearrondissement de Paris, Emmanuelle n’en croit pas ses oreilles. Attablée devant le petit déjeuner, sa mère, Danièle, 76 ans, “une mamie capable de traverser la France dans sa Clio, pied au plancher, pour rendre visite à ses petits-enfants”, “indépendante” et “peu dépensière”, se tortille, mal à l’aise. Elle vient de lui avouer avoir investi l’intégralité de son assurance-vie dans de la cryptomonnaie. Soit la coquette somme de 21 000 euros, fruit d’économies minutieuses. Danièle, qui rêvait depuis toujours d’une croisière de luxe Ponant, explique à sa fille avoir reçu un e-mail d’une banque soi-disant spécialisée en cryptomonnaie, lui proposant de faire fructifier son argent de manière spectaculaire, alors même qu’elle se demandait comment réunir les 3 000 euros manquants pour embarquer sur le navire de son choix. Après une courte hésitation, elle effectue un premier transfert de 1 000 euros. Elle observe sa mise doubler en un temps record sur une plateforme de placement -fictive, comme elle le comprendra plus tard–, puis décide de faire tapis. Au moment où elle en parle à Emmanuelle, le deuxième virement vient tout juste de partir. Il est déjà trop tard.














