

À l’heure de la récréation, devant le lycée Jeanne-d’Arc-Saint-Ivy de Pontivy, dans le Morbihan, une berline noire se gare. Moteur allumé, vitres opaques. Léa et Marion, 16 ans, doudoune noire et écharpe multicolore sur les épaules, s’approchent. Une vitre se baisse, un billet passe de main en main, et les deux adolescentes repartent avec des cigarettes électroniques minuscules, ou “puff”, aux allures de surligneurs fluo. Goûts “peach ice” et “lady killa”. Dans cette petite ville de 15 000 habitants, comme dans tant d’autres à travers la France, les cigarettes traditionnelles se font rares au coin fumeur du lycée. Très rares. “L’odeur est insupportable, ça reste collé aux vêtements, peste Léo, élève de terminale. La puff, au moins, ça sent bon.” Au pied de l’établissement, une bonne partie des élèves cachent une cigarette électronique miniature au fond d’une poche, d’une trousse ou d’un sac à main. Léa et Marion se sont mises à fumer ensemble, dans les toilettes du lycée ; Matthieu, leur camarade, a, lui, commencé en soirée. “Enfin plutôt à vapoter, sourit-il. C’est beaucoup moins cher qu’un paquet de cigarettes et on n’a pas à se soucier du briquet. On prend une bouffée, on la range, et ça fait beaucoup plus tourner la tête qu’une cigarette électronique classique.”

















