
Vous avez écrit plusieurs livres sur la maternité. Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à la paternité? C’est un peu un hasard. Quand mon petit-fils est né, en 2014, j’ai vu mon gendre prendre une année sabbatique pour s’en occuper. C’était la première fois que j’observais un homme totalement impliqué dans les soins à un bébé. Je me souviens d’avoir été émue et émerveillée, dans un premier temps. Puis, ma casquette d’anthropologue a repris le dessus et je me suis dit que cette image allait à l’encontre de ce que ma formation académique laissait supposer. Je me suis demandé: ‘Comment peut-il être aussi absorbé par ce bébé, alors qu’il est un primate descendant du singe?’
C’est inhabituel chez les primates? Chez les oiseaux, environ 90% des espèces mettent en place des soins biparentaux: le mâle et la femelle construisent le nid et nourrissent les petits ensemble. Les femelles casoars -des oiseaux de presque deux mètres de haut- pondent même leurs œufs sur le territoire de plusieurs mâles, et c’est le mâle qui les couve et s’en occupe pendant neuf mois dans la jungle, qui apprend aux petits quoi manger. Mais chez les mammifères, c’est beaucoup plus rare. En général, après l’accouplement, paf! le mâle disparaît et laisse la femelle seule avec les petits.
















